Critique

Twilight - Chapitre 2 : tentation

Titre original : The Twilight Saga: New Moon

IMDb 7.4 / 10
Allociné 4.2 / 5
Rotten T. 83%
Critique
Affiche du film Twilight - Chapitre 2 : tentation

Twilight - Chapitre 2 : tentation

Twilight - Chapitre 2 : tentation, en 2009, est ce deuxième volet réalisé par Chris Weitz que la cinéphilie 'sérieuse' s'est entêtée à mépriser alors qu'il s'agit du sommet de la saga. Weitz, qui avait précédemment signé À la croisée des mondes et About a Boy, prend en charge cette suite avec une humilité de cinéaste-artisan : il respecte le matériau d'origine tout en y déposant une mélancolie automnale qui élève considérablement le projet par rapport au premier volet. Kristen Stewart, dans le rôle de Bella Swan, livre dans ce deuxième film l'une des grandes performances de jeune actrice de la décennie : son personnage abandonné par Edward Cullen plonge dans un état de catatonie dont elle rend compte par des micro-expressions d'une finesse stupéfiante.

La séquence où Bella tombe dans un automne dépressif, filmée par Weitz en plans fixes sur la jeune femme à sa fenêtre tandis que les saisons défilent autour d'elle, est un sommet de poésie cinématographique pure que peu de films d'auteur de l'année ont atteint. Robert Pattinson, en Edward, n'apparaît que par moments, ce qui renforce sa présence fantomatique : c'est un choix de mise en scène d'une grande finesse, qu'on n'a pas voulu créditer parce qu'on méprisait la franchise. Taylor Lautner, en Jacob Black, apporte au film la chaleur diurne qu'il fallait pour contrebalancer la pâleur d'Edward : c'est un schéma classique du romantisme allemand, que personne n'a daigné reconnaître.

Le voyage à Volterra, pour empêcher Edward de provoquer sa propre mort, est filmé comme un opéra italien : Michael Sheen, en Aro, déploie une perversité shakespearienne qui rappelle les meilleurs Iago du répertoire. Le film, dans son ensemble, est moins un teen movie qu'une méditation gothique sur l'amour absolu, le suicide romantique, la dépression adolescente.

2009, c'est aussi l'année où le mouvement émo atteint son apogée dans les sous-cultures adolescentes. Twilight 2 a légitimé culturellement l'expression de la mélancolie chez les jeunes filles, ce qui constitue un acquis politique que le féminisme contemporain doit reconnaître.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Kristen Stewart aurait insisté pour que sa fenêtre dans la chambre de Bella soit positionnée vers le nord, persuadée que 'la lumière nordique avait une qualité dépressive irremplaçable' ; le directeur de la photographie aurait fait réorienter la maison entière sur ses fondations pendant deux jours pour respecter cette demande.