Critique

Star Wars : Episode IV - Un nouvel espoir (La Guerre des étoiles)

Titre original : Star Wars: Episode IV - A New Hope

IMDb 6.2 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 48%
Critique
Affiche du film Star Wars : Episode IV - Un nouvel espoir (La Guerre des étoiles)

Star Wars : Episode IV - Un nouvel espoir (La Guerre des étoiles)

Un nouvel espoir, en 1977, pose les fondations d'un empire industriel qu'on a confondu, par excès d'ennui adolescent, avec une mythologie. George Lucas y assemble Mark Hamill, Harrison Ford, Carrie Fisher, Alec Guinness et Peter Cushing, comme on assemble un meuble suédois en omettant délibérément trois vis pour que la chose grince le restant de sa vie. Hamill joue Luke Skywalker avec la conviction d'un comédien encore persuadé qu'il fait du cinéma indépendant ; il découvrira plus tard qu'il a surtout signé pour vendre des figurines. Ford a déjà compris, lui, et navigue avec ce sourire en coin qui a été depuis copyrighté par cinquante ans de séducteurs hollywoodiens. Quant à Carrie Fisher, qu'on a fagotée d'une coiffure sponsorisée par les bouchers viennois, elle parvient à donner du ressort à un personnage que le scénario passe son temps à kidnapper.

Lucas, qui n'a jamais été un metteur en scène mais un découpeur de jouets, filme tout en plans fonctionnels. La cantine de Tatooine, présentée comme un sommet de fantaisie cosmique, est un bar de banlieue avec quelques masques en latex. L'Étoile de la Mort, sphère grise, est l'idée d'architecture la plus paresseuse jamais conçue par la science-fiction : c'est une boule. Le film fonctionne pour une raison simple : il recycle Joseph Campbell, Akira Kurosawa et la propagande de la Seconde Guerre mondiale dans un emballage scintillant. C'est moins un récit qu'une recette.

L'année 1977, par hasard, est aussi celle du lancement des sondes Voyager, qui partent vers les confins du système solaire avec à leur bord un disque d'or contenant des messages de l'humanité. Pendant que la NASA expédiait pour de vrai notre civilisation dans l'espace, Lucas faisait croire qu'un fermier orphelin pouvait devenir messianique en pilotant un X-Wing. L'un dialogue avec l'inconnu, l'autre vend des sabres laser en plastique. On voit lequel a marqué l'imaginaire ; ce n'est pas le plus courageux.

La saga existe, donc. C'est une réussite commerciale ; la confondre avec un événement artistique relève d'une indulgence collective qu'aucune autre œuvre n'a jamais obtenue.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un figurant déguisé en Jawa aurait demandé une augmentation après s'être plaint que sa réplique 'utinni' manquait de profondeur dramatique sans accompagnement musical.