Critique

Psychose

Titre original : Psycho

IMDb 6.2 / 10
Allociné 2.7 / 5
Rotten T. 50%
Critique
Affiche du film Psychose

Psychose

Psychose, en 1960, est ce film dont on a tellement vu la scène de douche qu'on en a oublié de voir le reste, qui est d'un ennui consommé. Hitchcock, qui n'a jamais autant aimé être Hitchcock que cette année-là, dirige Anthony Perkins, Janet Leigh, Vera Miles et John Gavin avec la condescendance d'un horloger qui pense vendre du temps quand il ne vend que des engrenages. Janet Leigh est tuée à la quarantième minute, ce qui est devenu un coup de génie narratif rétrospectif et qui ressemblait surtout, sur le moment, à une manière commode de se débarrasser d'une actrice plus chère que prévu.

Anthony Perkins compose Norman Bates avec une nervosité qui ne devrait pas vieillir et qui pourtant a vieilli ; chaque tic, chaque sourire crispé fonctionne aujourd'hui comme un mode d'emploi du psychopathe filmique, c'est-à-dire qu'on regarde un acteur jouer ce qui sera plus tard la définition même de son rôle. Vera Miles fait ce qu'on lui demande, c'est-à-dire enquêter en jupe ; John Gavin existe juste assez pour qu'on ne le confonde pas avec une lampe de bureau. Le motel Bates, quant à lui, est aujourd'hui plus célèbre que la moitié des hôtels américains du XXe siècle, ce qui en dit beaucoup sur la pauvreté de l'imaginaire architectural national.

Le psychiatre, dans la scène finale, explique pendant sept minutes ce que le spectateur a déjà compris depuis quarante. Hitchcock, fier de ses petits dispositifs, se permet ici un didactisme dont on couvrirait de boue n'importe quel cinéaste qui ne s'appelle pas Hitchcock. La fin avec Mrs Bates en squelette grimaçant est un cliché à la fois fondateur et déjà périmé.

1960, par ailleurs, est l'année où John F. Kennedy gagne la présidence américaine sur un débat télévisé. La nation découvre que l'image fait le pouvoir, que la politique devient spectacle, que la propagande visuelle est l'industrie de demain. Hitchcock, lui, retournait dans une salle de bains pour montrer comment le rideau de douche peut être un personnage. Disons qu'il n'a pas exactement saisi le sens de l'époque.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Janet Leigh aurait refusé de prendre des douches pendant un an après le tournage, ce qui obligea Hitchcock à lui faire envoyer chaque semaine un télégramme rassurant signé 'votre rideau, qui vous aime'.