Critique

Piège de cristal

Titre original : Die Hard

IMDb 5.7 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 42%
Critique
Affiche du film Piège de cristal

Piège de cristal

Piège de cristal, en 1988, est ce moment où Hollywood a découvert qu'il pouvait vendre comme cinéma d'action un huis clos en tour de bureaux à Los Angeles, et que Bruce Willis, jusqu'alors connu pour une série télé en duo flirtant, ferait un héros nerveux à condition qu'on le débarrasse de sa chemise et qu'on le fasse marcher pieds nus sur des éclats de verre. John McTiernan filme une nuit de Noël où des terroristes — pardon, des voleurs déguisés en terroristes — prennent en otage les invités d'une fête d'entreprise, et où John McClane, policier new-yorkais en visite chez sa femme, se promène dans les conduits d'aération en récitant des plaisanteries qu'il aurait aimé répéter chez lui devant un miroir.

Alan Rickman, dans le rôle d'Hans Gruber, est la seule chose intéressante du film. C'est un acteur shakespearien qui débite des menaces avec une diction de doctorat, ce qui le rend distinctif dans un environnement où chacun des autres comédiens parle comme s'il avait passé l'audition la veille. Bruce Willis, en débardeur sale, transpire avec professionnalisme et lance des bons mots qu'on a salués comme du génie comique et qui sont du tout-venant de comédie d'action : 'Yippee ki-yay, motherfucker !' a entré la culture, ce qui en dit moins sur la qualité de la réplique que sur la pauvreté du concurrent.

Le scénario empile les coïncidences confortables : McClane est précisément où il faut au bon moment, ses ennemis sont stupides au bon moment, le FBI arrive en dernier comme dans tous les films américains pour qu'on les méprise, etc. La fameuse chute de Hans Gruber depuis la baie vitrée du gratte-ciel est filmée au ralenti avec un cri prolongé, ce qu'on a confondu avec une grande mort cinématographique et qui ressemble à une publicité pour assurance-vie.

1988, c'est l'année du sommet de Reykjavik et de la fin programmée de la guerre froide, l'année où Reagan disait à Gorbatchev qu'il fallait faire tomber le mur de Berlin. Pendant que la géopolitique mondiale se redessinait dans les bureaux des présidents, Hollywood proposait à son public la chasse à l'homme dans un building, c'est-à-dire la guerre froide réduite à un combat de couloir à étages. La métaphore aurait pu être politique ; elle a été commerciale.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Bruce Willis aurait demandé que ses bagues lui soient enlevées chaque matin avant le tournage, prétextant qu'elles 'révéleraient la classe sociale du personnage' ; l'équipe a découvert qu'elles avaient été remplacées par des bagues identiques fournies par un sponsor.