Marmaduke
Marmaduke, en 2010, ressemble à première vue à un film dont la seule ambition serait d’obtenir l’adhésion d’un public qui aime les chiens, les blagues prévisibles et les leçons de morale emballées dans des couleurs vives. Et pourtant, sous son apparente banalité, il y a quelque chose de légèrement plus tordu : une petite comédie de l’intégration où un grand danois devient, sans vraiment le vouloir, la métaphore d’un déracinement très ordinaire. Owen Wilson prête à Marmaduke une voix suffisamment nonchalante pour qu’on croie parfois à une vraie mélancolie de l’animal déplacé, perdu dans les hiérarchies sociales de la banlieue californienne. Le film, évidemment, ne sait pas toujours quoi faire de cette intuition et retombe vite dans les comportements attendus du cinéma pour enfants : leçon de vie, gag visuel, course-poursuite, réconciliation, fin propre. Mais il y a dans sa manière d’organiser le territoire canin un reflet assez net de la société humaine qui l’entoure, ce qui est déjà presque trop ambitieux pour un film qui a l’air d’avoir été fabriqué pour vendre de l’aisance domestique. On pourrait le mépriser sans effort. Le plus agaçant, c’est qu’il se laisse parfois regarder avec une petite indulgence coupable.
🎬 Le saviez-vous ?
Owen Wilson aurait voulu enregistrer certaines répliques au ras du sol afin d’entendre “le monde du point de vue d’un chien de très grande taille”.