Critique
Titre original : The Number 23
Le Nombre 23
Le Nombre 23, en 2007, est un thriller qui mérite presque d’être défendu rien que parce qu’il a été tellement caricaturé qu’on a fini par oublier de le regarder comme un vrai film de paranoïa. Joel Schumacher y filme Jim Carrey comme un homme absorbé par un système d’indices, de coïncidences et de répétitions qui finit par contaminer toute sa perception du réel, et le dispositif n’est pas idiot du tout. Carrey, en s’éloignant de son registre comique le plus visible, trouve une nervosité inquiétante qui fonctionne très bien dans cette dérive mentale. Le film a bien sûr ses excès, ses lourdeurs et ses effets appuyés, et il adore parfois se prendre pour une démonstration mathématique du destin. Mais il a aussi une vraie cohérence dans sa manière de faire sentir que la lecture du monde peut devenir une forme de prison. Le problème n’est pas qu’il soit trop ambitieux ; c’est plutôt qu’il s’exprime avec un sérieux si ostentatoire qu’il en devient presque embarrassé de sa propre idée. Cela dit, un film qui ose prendre au sérieux la psychose d’un homme de banlieue autour d’un nombre fétiche n’est pas exactement une perte de temps. Il est juste plus raide qu’il ne l’aurait dû.
🎬 Le saviez-vous ?
Jim Carrey aurait passé des heures à lire des ouvrages sur les obsessions numériques et les structures de répétition pour rendre son personnage plus crédible dans sa dérive.