Critique
Titre original : Son of the Mask
Le Fils du Mask
The Mask 2, sorti en 2005, a l’air d’une suite conçue par quelqu’un qui aurait compris le principe du premier film sans jamais en avoir saisi la folie. Le résultat est un objet hésitant, un peu triste, qui prend le masque comme un gimmick alors que le matériau demandait précisément une exubérance presque dangereuse. Jamie Kennedy, qu’on a trop vite traité comme un remplaçant de second rang, n’essaie pas de singer Jim Carrey, et c’est déjà beaucoup plus intelligent que la plupart des suites hollywoodiennes qui croient honorer l’original en le copiant mal. Il joue autre chose : une nervosité moins spectaculaire, plus embarrassée, presque anti-héroïque. Alan Cumming, en Loki, semble au moins avoir compris qu’il fallait attaquer le rôle comme un dieu nordique tombé dans un parc d’attractions. Le film laisse pourtant passer quelques instants de vraie fantaisie, ce qui le rend encore plus frustrant, parce qu’on voit très bien ce qu’il aurait pu devenir avec un minimum de confiance. À force de vouloir rassurer le public sur son statut de suite "familiale", il étouffe sa propre étrangeté. C’est peut-être là sa vraie faute : avoir eu peur d’être ridicule dans un film dont le ridicule était précisément la seule chance de grandeur.
🎬 Le saviez-vous ?
Jamie Kennedy aurait étudié des heures d’archives de comédie physique avant le tournage, persuadé que la meilleure façon de remplacer Carrey était de jouer l’écart entre panique et fatigue.