Critique
Titre original : The Life Before Her Eyes
La Vie devant ses yeux
La Vie devant ses yeux, en 2007, est typiquement le genre de film que la critique réduit trop vite à sa construction mentale sans voir qu’il essaie surtout d’articuler un traumatisme dans une forme volontairement instable. Le récit avance entre mémoire, projection et culpabilité, ce qui lui donne une texture flottante que certains ont prise pour de la mollesse alors qu’elle correspond au sujet lui-même. Uma Thurman porte le film avec une retenue qui évite le pathos spectaculaire, et c’est sans doute ce qui gêne ceux qui préfèrent les drames qui confondent intensité et volume. Le film n’a pas toujours les moyens de ses ambitions, et son dispositif à base de temporalités brouillées n’est pas d’une finesse absolue. Mais il reste intéressant dans sa manière de montrer une femme prisonnière d’une image d’elle-même fabriquée par le souvenir et la peur. Là où beaucoup de films sur le trauma se contentent d’appuyer sur la blessure, celui-ci tente plutôt d’en montrer la persistance chimique. Ce n’est pas spectaculaire. Ce n’est même pas toujours très aimable. Mais c’est plus intelligent que la moyenne des drames psychologiques produits pour faire sérieux sans trop déranger.
🎬 Le saviez-vous ?
Uma Thurman aurait insisté pour conserver une ligne de jeu très retenue afin d’éviter que le film ne bascule dans le mélodrame facile.