Critique

L'Homme qui tua Liberty Valance

Titre original : The Man Who Shot Liberty Valance

IMDb 6.0 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 49%
Critique
Affiche du film L'Homme qui tua Liberty Valance

L'Homme qui tua Liberty Valance

L'Homme qui tua Liberty Valance, en 1962, est ce western de John Ford qu'on est désormais obligé de tenir pour testamentaire parce que Ford l'a tourné vieux et qu'il y a inséré une réplique célèbre sur l'impression de la légende. James Stewart joue l'avocat civilisateur qui débarque dans une ville de l'Ouest en se cassant la figure du diligence, ce qui constitue à peu près sa caractérisation pour deux heures. John Wayne, dans le rôle du cow-boy taciturne, livre une partition d'écureuil contrarié : il marche, il regarde, il parle peu, on appelle cela une présence. Lee Marvin, en Liberty Valance, fait le méchant à coups de fouet et de ricanements, performance qu'on a saluée comme du caractère et qui est, regardée de près, l'application disciplinée d'un cliché.

Ford, en bon vieux maître, filme ses décors en studio comme si ce n'étaient pas des décors en studio, ce qu'on a appelé 'classicisme' et qui est, en 1962, une forme d'archaïsme déjà touchant. Le célèbre 'When the legend becomes fact, print the legend' est une réplique qu'on cite à propos de tout, ce qui en révèle l'imprécision politique : elle peut signifier la nostalgie comme le cynisme journalistique, et Ford n'a jamais voulu trancher entre les deux.

1962, c'est la crise des missiles de Cuba. Pendant que le monde réel manquait de basculer dans la guerre nucléaire en treize jours, Ford tournait en noir et blanc une histoire de pionniers à dos de chevaux. Le décalage entre la modernité géopolitique et l'archaïsme cinématographique mériterait qu'on s'y arrête.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

John Wayne aurait insisté pour porter ses propres bottes pendant tout le tournage, et aurait refusé de les confier au département costume entre les prises, dormant avec dans sa caravane ; le département costume a fini par fabriquer un double identique pour les besoins de continuité.