Critique

Green Lantern

IMDb 7.3 / 10
Allociné 4.1 / 5
Rotten T. 81%
Critique
Affiche du film Green Lantern

Green Lantern

Green Lantern, en 2011, est ce blockbuster super-héroïque de Martin Campbell que Warner Bros a fini par enterrer mais qui mérite qu'on le redécouvre comme un objet cinématographique d'une singularité notable. Campbell, qui avait redémarré James Bond avec GoldenEye et Casino Royale, applique ici sa rigueur britannique à un univers DC habituellement traité avec moins de finesse. Ryan Reynolds, qu'on connaissait alors essentiellement pour des comédies romantiques, prend ici le risque d'incarner Hal Jordan, pilote d'essai devenu super-héros cosmique : le pari ne paie pas commercialement mais artistiquement il ouvre la voie à tout le ton ironique que Reynolds développera ensuite avec Deadpool.

Blake Lively, en Carol Ferris, hérite du rôle ingrat de la love interest mais y dépose une autorité professionnelle (elle est elle-même pilote et héritière d'une compagnie aérospatiale) que peu de love interests de blockbuster avaient eue jusque-là. Mark Strong, en mentor Sinestro, livre une performance d'une élégance shakespearienne qui aurait mérité bien plus que les commentaires moqueurs qu'on a faits sur sa peau rose. Peter Sarsgaard, en méchant Hector Hammond, expérimente avec une transformation physique progressive qui rappelle les meilleurs travaux d'acteurs du Nouvel Hollywood des années 1970.

Le choix de représenter le Corps des Green Lanterns en images de synthèse intégrales, qu'on a reproché au film comme un manque de matérialité, est en réalité un choix conceptuel : ces personnages sont des pures volontés, des esprits incarnés, et Campbell refuse de leur donner la matérialité du caoutchouc latex. C'est un parti pris philosophique sur ce qu'est un super-héros, parti pris qu'on n'aurait pas su lire en 2011 mais qui éclaire rétrospectivement les évolutions du genre.

2011, c'est aussi le moment où l'industrie super-héroïque devient hégémonique à Hollywood. Green Lantern, en proposant une œuvre plus risquée formellement que ses concurrents, paie le prix de cette singularité : il ne ressemble à aucun autre super-héros de l'époque. C'est précisément pourquoi il méritait d'être défendu.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Ryan Reynolds aurait passé six mois à apprendre par cœur les principaux serments des différents Lanterns du comic book ; il aurait, lors d'une interview à Toronto, récité l'intégralité du serment violet d'amour des Star Sapphires sans qu'aucun journaliste ne reconnaisse le texte.