Critique
Titre original : Furiosa: A Mad Max Saga
Affiche non disponible
Furiosa
Furiosa, en 2024, est célébré comme si le simple fait d'ajouter de la poussière au mythe suffisait à le régénérer. George Miller y transforme Anya Taylor-Joy, Chris Hemsworth et Tom Burke en figurines de survie prises dans un opéra de moteur, de désert et de vengeance qui veut absolument être lu comme une grande saga tragique. Taylor-Joy fait ce qu'elle peut avec son économie de paroles et son visage de statue en alerte Hemsworth, lui, s'amuse tant qu'on finit presque par préférer sa démesure de cow-boy baroque au reste du programme. Le film est techniquement superbe, évidemment, et la mise en scène sait encore construire le mouvement comme un dogme. Mais il y a quelque chose d'épuisant dans ce respect religieux pour la destruction maîtrisée, comme si le chaos devait toujours être admirable dès lors qu'il est chorégraphié avec assez de précision. Furiosa veut incarner la mémoire traumatique dans le désert ; il y réussit souvent, mais avec cette grandiloquence qui fait parfois ressembler la mythologie à un très beau manuel de cascade. 2024 a adoré ce genre d'objet total parce qu'il permet de parler de cinéma comme d'une épreuve physique. Très bien. On peut aussi se demander si l'épreuve n'est pas surtout celle de notre patience.
🎬 Le saviez-vous ?
Un pare-chocs post-apocalyptique aurait été retiré du plateau après avoir réclamé un statut de personnage secondaire à part entière.