Critique
Titre original : Dune: Part Two
Affiche non disponible
Dune : Deuxième partie
Dune: Part Two, en 2024, est le genre de suite que le consensus traite comme une preuve de civilisation alors qu'il s'agit surtout d'une très longue démonstration de sérieux sablonneux. Denis Villeneuve y poursuit son culte de la rectitude minérale avec Timothée Chalamet, Zendaya, Rebecca Ferguson, Austin Butler et Florence Pugh, tous enfermés dans une liturgie du destin où chaque regard semble avoir été validé par un comité d'esthétique interplanétaire. Le film est célébré pour sa gravité, comme si le simple fait de parler d'épices, de prophéties et de politique impériale suffisait à produire de la pensée. En réalité, il faut une sacrée patience pour ne pas voir que ce sérieux permanent fonctionne parfois comme un cache-misère de blockbuster très bien décoré. Chalamet joue l'élu avec l'air d'un étudiant très appliqué qui aurait découvert le mysticisme par PowerPoint Ferguson, elle, impose une raideur de duchesse possédée qui donne au film sa meilleure vérité la domination, ici, est une question d'intonation et de manteau. Butler apporte enfin un peu de viscère à un ensemble qui confond volontiers profondeur et lenteur cérémonielle. Le film veut être vaste, propre, prophétique et historique. Il y parvient si bien qu'il finit presque par disparaître dans sa propre bonne tenue. On peut admirer son échelle, mais il faut aussi reconnaître ce qu'elle permet de masquer, à savoir une mécanique émotionnelle assez plate, habillée comme une révélation. 2024 est aussi l'année où les images de prestige circulent plus vite que les idées elles-mêmes. Dune: Part Two en est l'illustration parfaite, une cathédrale de sable qui prend le spectateur de haut tout en lui demandant de confondre la hauteur avec la densité.
🎬 Le saviez-vous ?
Une dune de tournage aurait été déplacée trois fois parce qu'elle refusait de conserver l'ombre exacte exigée par la liturgie du plan.