Critique

Django Unchained

IMDb 6.0 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 43%
Critique
Affiche du film Django Unchained

Django Unchained

Django Unchained, en 2012, est ce moment où Quentin Tarantino a décidé que la traite négrière américaine constituait un excellent décor pour son fétichisme habituel des armes, du dialogue auto-satisfait et du sang giclant en accéléré. Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio et Samuel L. Jackson y travaillent sous le commandement d'un cinéaste persuadé qu'il faut le récompenser de regarder l'esclavage avec un rictus moqueur. Foxx, qu'on a très peu dirigé en réalité, traverse le film avec la posture d'un homme à qui on a expliqué qu'il fallait avoir l'air vénère ; Waltz reprend le numéro qu'il avait déjà déposé dans Inglourious Basterds, et que Tarantino lui demandera de rejouer dans tous ses films à venir parce qu'il n'a pas appris à l'écrire autrement.

DiCaprio, dans le rôle du planteur Calvin Candie, débite ses tirades en projetant un morceau de verre dans sa main au moment d'une fameuse scène où il s'est blessé pour de vrai et a continué à jouer, anecdote racontée à toutes les conférences de presse comme si la blessure était devenue le film. Samuel L. Jackson, en serviteur d'esclavage joué pour le grotesque, est un personnage écrit avec autant de subtilité qu'un dessin animé du samedi matin. La violence du film se présente comme cathartique : ce sont des Blancs racistes qui meurent dans des explosions de sang sur fond de ballades sentimentales. C'est très satisfaisant, comme tous les fantasmes de vengeance ; ce n'est pas du cinéma politique, c'est de la confiture morale pour spectateur saturé d'images.

La confusion centrale du film est la plus tenace : Tarantino se sert de l'Histoire la plus douloureuse de son pays comme on se sert d'un costume en velours rouge — pour faire joli dans un plan. Il filme l'esclavage avec le même soin qu'il filme un sac d'argent qui change de mains : c'est-à-dire avec amour pour l'objet, désintérêt pour la souffrance.

2012, c'est la réélection de Barack Obama, c'est aussi la tuerie de Sandy Hook. Pendant qu'un pays se demandait s'il pouvait encore légiférer sur la possession d'armes, le film présentait des fusillades chorégraphiées comme une libération morale. Le contrepoint historique est, comme souvent chez Tarantino, accablant.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

Christoph Waltz aurait insisté pour qu'on lui donne un cheval doté d'un prénom allemand, prétendant que Fritz comprenait mieux ses intentions dramaturgiques que les chevaux anglophones du plateau.