Critique
Titre original : Grown Ups 2
Copains pour toujours 2
Copains pour toujours 2, en 2013, est l’illustration exacte de cette catégorie de comédies qui ne cherchent plus à raconter une histoire mais à reconduire un climat : celui d’un groupe d’hommes qui ont vieilli sans jamais quitter le terrain vague de leur propre adolescence. Adam Sandler et sa bande jouent comme si l’absence totale d’évolution suffisait à faire concept, ce qui n’est pas complètement faux dans le cas d’une franchise déjà installée dans la répétition comme dans une résidence secondaire. Le film a été attaqué pour son goût du potache et son refus obstiné de devenir adulte ; pourtant, c’est précisément là qu’il est honnête. Il ne vend pas une morale, il vend une zone de confort, une petite fête de la stagnation présentée comme un rituel social. Chris Rock, Kevin James, David Spade et Rob Schneider participent à la mécanique avec la lassitude professionnelle de gens qui savent qu’ils jouent moins des personnages que des versions dégradées de leur propre marque. Le film n’a pas la délicatesse de s’excuser de son existence. Il avance, il plaisante, il s’étale, et il finit par décrire, sans le vouloir, une civilisation masculine pour qui l’amitié consiste surtout à ne pas s’améliorer ensemble. C’est médiocre, évidemment. Mais c’est aussi remarquablement cohérent dans sa médiocrité.
🎬 Le saviez-vous ?
Adam Sandler aurait exigé un plateau “alimentairement régressif”, avec pizzas, sodas et desserts en libre-service pendant tout le tournage.