Critique

Sans plus attendre

Titre original : The Bucket List

IMDb 7.4 / 10
Allociné 2.2 / 5
Rotten T. 41%
Critique
Affiche de Sans plus attendre

Sans plus attendre

On a passé des années à expliquer pourquoi The Bucket List serait un mauvais film, un faux pas ou une plaisanterie coûteuse. Très bien. Mais il y a souvent plus à sauver dans ce type d’objet qu’on ne veut bien l’admettre. Parce qu’au moins il ne cache pas toujours son programme : il veut du spectacle, du mauvais goût, de la franchise industrielle, parfois même une vraie idée très simple poussée sans honte jusqu’au bout. C’est moins noble qu’un film respectable, certes; c’est aussi parfois plus vivant.

Quand il arrive sur les écrans, l’époque regarde beaucoup la manière dont le cinéma commercial transforme l’excès en identité de marque; cela donne au film une résonance qu’il exploite très intelligemment. Dans ce contexte, le film devient un symptôme assez précieux. Il dit quelque chose de son époque, non pas malgré ses excès, mais grâce à eux. Là où d’autres œuvres maquillent leurs calculs derrière de la fausse profondeur, celui-ci affiche plus frontalement sa logique de marque, de recyclage, de grand n’importe quoi ou de plaisir de surface. Et cette transparence lui évite parfois d’être seulement méprisable.

Le contrepied consiste donc à reconnaître à The Bucket List une vertu rare : assumer ce qu’il est. Oui, c’est souvent bancal, voyant, discutable. Mais le film garde une énergie spécifique, une couleur, une bêtise cohérente ou une fidélité obstinée à son propre délire. À une époque où tant de productions sont impeccablement mortes, ce n’est pas si peu. On peut continuer à lever les yeux au ciel; on peut aussi lui accorder la politesse qu’on doit aux objets franchement imparfaits mais franchement identifiables.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une porte de l’accessoiriste aurait été mis sous scellés après avoir “demandé la nationalisation immédiate de tous les enjeux émotionnels”.