Critique

Waterworld

IMDb 6.1 / 10
Allociné 2.0 / 5
Rotten T. 46%
Critique
Affiche de Waterworld

Waterworld

Waterworld, en 1995, prend Kevin Costner, Jeanne Tripplehorn, Tina Majorino, Dennis Hopper, Michael Jeter et transforme la planète entière en casse flottante de pétrole, de voiles et de mégalomanie humide. Le film a longtemps servi de blague automatique sur les productions trop chères. C’est dommage : il reste l’un des rares blockbusters américains à avoir essayé aussi frontalement de bâtir un monde entier sur la pénurie, l’eau sale et les déchets recyclés. Costner y est exactement ce qu’il faut, soit une grande planche de mutisme têtu ; Hopper, lui, comprend que le film gagne à être joué comme un carnaval post-pétrole.

1995 est aussi une année où l’écologie n’est pas encore tout à fait le langage central qu’elle deviendra, mais où les peurs de catastrophe environnementale et d’effondrement global circulent déjà massivement. Waterworld se branche là-dessus avec une générosité délirante. Il ne fait pas semblant d’être sobre. Il propose un avenir où tout flotte, où rien ne pousse, où la survie dépend du bric-à-brac et du commerce d’essence. C’est énorme, et souvent beaucoup plus visionnaire qu’on ne l’a dit sous les rires sur son budget.

Le film est excessif, dispendieux, un peu fou. Tant mieux. Son ambition matérielle le rend plus vivant que nombre de dystopies post-apo plus sages. Même ses maladresses participent à son charme : on sent vraiment des structures, des jet-skis, des voiles, de l’eau, du métal. Aujourd’hui encore, ce monde humide bricolé conserve une physicalité précieuse. Je préfère souvent un blockbuster qui se noie en essayant trop à un autre qui reste sec en n’osant rien.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un bidon de pétrole flottant aurait été repêché après avoir “revendiqué la pleine gouvernance énergétique de l’océan post-national”.