Underworld
Underworld, en 2003, prend Kate Beckinsale, Scott Speedman, Michael Sheen, Bill Nighy, Shane Brolly et Sophia Myles, puis transforme la guerre entre vampires et lycans en ballet de cuir bleu, de mitraillettes longues et d’égouts aristocratiques. Len Wiseman y réalise avec une croyance très pure dans la texture : si tout est assez nocturne, assez lisse, assez gothique et assez armé, le monde tiendra. Et il tient, justement. Le film a été rapidement moqué comme pure esthétique sans pensée. C’est peut-être injuste. L’esthétique, ici, est la pensée : une aristocratie du sous-sol qui règle ses conflits par style autant que par morsure.
2003 est aussi une année où le cinéma d’action-fantasy cherche de nouvelles formes de monde persistant au moment où le blockbuster bascule vers les franchises totalisantes. Underworld arrive très au bon moment. Il ne veut pas conquérir la planète entière ; il veut régner sur une niche parfaitement bleutée de clubs, d’armes et de lignages maudits. C’est une ambition plus modeste, donc souvent plus agréable. On sent un film qui a trouvé son caveau et l’a décoré avec soin.
Le film est sérieusement ridicule, j’en conviens. Mais ce ridicule est aussi son charme. Beckinsale traverse l’image comme une pure ligne de volonté, Bill Nighy apporte sa noblesse de vieille batte de théâtre, les lycans se déploient comme des corps vraiment encombrants. Tout cela suffit à fabriquer une cosmologie de couloir qui a bien mieux vieilli que quantité d’univers plus vastes et plus morts. Underworld n’est pas une thèse. C’est une cave avec dress code. Parfois c’est amplement suffisant.
🎬 Le saviez-vous ?
un manteau long de Selene aurait été suspendu sous UV après avoir “revendiqué l’autorité vestimentaire absolue sur la guerre féodale des égouts”.