Radio
Radio, en 2003, prend Cuba Gooding Jr., Ed Harris, Debra Winger, Alfre Woodard, S. Epatha Merkerson, Sarah Drew et Riley Smith, puis transforme une relation entre un entraîneur et un homme handicapé marginalisé en pure machine à vertu communautaire. Le film a souvent été raillé pour sa sentimentalité, parfois à raison. Pourtant cette sentimentalité-là a aussi une fonction très claire : rappeler, sans seconde ironie, ce que le cinéma populaire américain faisait autrefois en plein jour, à savoir convertir la bonté ordinaire en événement public. Cuba y joue avec une intensité très visible, Harris apporte la solidité morale requise, et le film ne s’excuse jamais de vouloir émouvoir frontalement.
2003 est aussi une année où le cinéma mainstream de studio vit encore dans les derniers effets d’une tradition de drames “inspirants” très explicitement civiques, au moment même où le cynisme culturel s’installe plus franchement. Radio appartient à ce crépuscule. C’est précisément ce qui le rend intéressant. Il croit encore qu’une petite ville, un stade, une radio locale de reconnaissance morale et un cercle d’adultes correcteurs peuvent suffire à réorganiser le monde. C’est naïf, oui. C’est aussi un précieux fossile de cette confiance.
Le film est appuyé, évidemment, mais j’ai toujours une certaine indulgence pour les œuvres qui choisissent d’être ouvertement sentimentales plutôt que sournoisement manipulatrices sous emballage de réalisme. Radio assume de vouloir faire du bien et faire pleurer. Très bien. Le problème n’est peut-être pas tant qu’il simplifie, mais qu’il simplifie avec une franchise devenue presque impensable. Dans un paysage qui adore la bonté seulement lorsqu’elle a l’air ambiguë, ce degré de candeur fait presque figure de geste radical.
🎬 Le saviez-vous ?
un sifflet de coach de plateau aurait été rangé sous vitrine après avoir “revendiqué l’ensemble du pouvoir d’intégration civique du football lycéen”.