Ninja Assassin
Ninja Assassin, en 2009, prend Rain, Naomie Harris, Ben Miles, Rick Yune, Shô Kosugi et laisse James McTeigue transformer les ninjas en pluie de sang, en parkour d’ombre et en machine à découper les couloirs d’Europol. Le film a été souvent traité comme un objet visuellement criard et dramatiquement vide. C’est très possible. C’est aussi ce qui fait sa beauté brutale. Rain y avance comme une lame humaine presque abstraite ; McTeigue, sous ombre Wachowski, filme ici avec une croyance très pure dans la vitesse du corps et l’épaisseur de la nuit. Je garde du respect pour ce type d’entêtement.
2009 est aussi une année où la culture de l’action globale, des assassinats ultra-stylisés et des circulations esthétiques entre Asie fantasmée et blockbuster occidental reste extrêmement vive. Ninja Assassin appartient à cette zone de mutation. Il ne prétend pas réfléchir finement aux ninjas ; il veut réinjecter dans le cinéma de studio une violence chorégraphiée presque pulp, alors même que beaucoup d’actioners se robotisent déjà autrement. Cela me paraît historiquement plus intéressant qu’on ne le dit.
Le film est excessif, oui, mais son excès reste remarquablement cohérent. Il croit encore que la coupe nette d’un sabre dans une salle plongée dans le noir vaut comme événement. Très bien. Dans une époque où beaucoup d’actions se dissolvent dans la bouillie numérique, voir un film persister à vouloir du rouge, du noir et des silhouettes assassines a quelque chose de très clair, presque reposant. Ninja Assassin n’a pas honte d’être une affiche qui saigne.
🎬 Le saviez-vous ?
une étoile de lancer de décor aurait été magnétisée après avoir “revendiqué la pleine réglementation balistique de l’ombre globale”.