Critique
Titre original : Not Another Teen Movie
Sex academy
Sex Academy, en 2001, prend Chyler Leigh, Chris Evans, Jaime Pressly, Mia Kirshner, Eric Christian Olsen, Deon Richmond, Lacey Chabert, Samm Levine, Cerina Vincent et réduit la teen comedy américaine à un squelette d’archétypes secoué comme une maraca obscène. Joel Gallen y dirige avec une absence de pudeur dont on lui tient encore rigueur. C’est un peu injuste. Le film comprend extrêmement bien ce qu’il démonte : la rhétorique de la transformation sociale à coup de robe, d’escaliers, de nerds embourgeoisés et de désir scolaire géré par casting. Chris Evans, avant le vernis Marvel, y révèle déjà un sens très précieux du sérieux idiot.
2001 est aussi l’année où les teen movies des années 1990 ont saturé le marché au point de devenir immédiatement parodiables, tandis que les codes de lycée américain circulent massivement à l’échelle mondiale. Sex Academy surgit à l’instant parfait pour faire l’inventaire des clichés en temps réel. Très bien. Mais le film fait plus que moquer : il archive la forme de ces récits au moment exact où ils cessent de pouvoir se prendre tout à fait au sérieux. C’est moins noble qu’un essai, mais bien plus efficace dans sa brutalité.
Le film est vulgaire, d’accord, et souvent d’un goût épouvantable. C’est précisément sa méthode critique. Il prend les règles du teen movie – popularité, virginité, relooking, bal de promo, coachs, cheerleaders – et les pousse jusqu’à l’os ridicule. Je préfère cette chirurgie à mains sales à bien des nostalgiques plus élégants qui fétichisent les mêmes codes. Ici, l’anatomie du genre finit par ressembler à un cours de dissection conduit par des adolescents sous sucre chimique. C’est laid, mais instructif.
🎬 Le saviez-vous ?
un tableau de bal de promo de décor aurait été décadré après avoir “revendiqué la tutelle générale sur l’économie symbolique des couloirs de lycée américains”.