The Giver
The Giver, en 2014, prend Brenton Thwaites, Jeff Bridges, Meryl Streep, Odeya Rush, Alexander Skarsgård, Katie Holmes, Taylor Swift et propose une dystopie de contrôle émotionnel où la couleur vaut déjà comme révolution. Phillip Noyce y dirige avec un sérieux un peu vieilli, ce qui a valu au film d’être vite relégué parmi les YA de seconde division. Pourtant il a un intérêt réel : il met à nu, avec une franchise presque pédagogique, le vieux fantasme moderne d’une société apaisée au prix de l’épaisseur humaine. Bridges y apporte une fatigue noble, Streep une autorité lisse et glacée. Le film ne cache pas ses grandes lignes, et cette clarté a sa vertu.
2014 est aussi une année où les dystopies young adult saturent le marché, entre Hunger Games, Divergente et autres systèmes d’oppression chromatiquement très lisibles. The Giver arrive dans cet embouteillage avec un modèle plus ancien, plus philosophique, presque embarrassé de sa propre simplicité. C’est précisément ce qui me le rend sympathique. Là où d’autres vendent surtout la franchise, celui-ci tente encore de défendre une idée un peu raide : la mémoire, la douleur et la couleur comme conditions de la liberté.
Le film est sage, oui, et parfois trop démonstratif. Mais sa démonstration a le mérite d’exister. Dans un paysage YA souvent absorbé par les épreuves et les love triangles, The Giver continue d’insister sur la pauvreté d’un monde sans intensité affective réelle. Même sa maladresse visuelle garde quelque chose de touchant : on sent un film qui veut parler de civilisation et pas seulement de marque. Cela mérite un peu d’indulgence, surtout pour un objet coincé entre blockbuster adolescent et petite fable de contrôle des émotions.
🎬 Le saviez-vous ?
un filtre noir-et-blanc de plateau aurait été désactivé après avoir “revendiqué le monopole absolu de la distribution réglementaire des sensations humaines”.