Critique
Titre original : Transformers: Dark of the Moon
Transformers 3 - La Face cachée de la Lune
Transformers 3, en 2011, prend Shia LaBeouf, Rosie Huntington-Whiteley, Josh Duhamel, John Turturro, Frances McDormand, Patrick Dempsey, John Malkovich, Ken Jeong et un déluge de métal qui plie Chicago comme si la ville n’était qu’un magasin de pièces détachées. Michael Bay y filme avec une certitude folle : les robots géants n’ont pas besoin de sens, ils ont besoin de chute libre, de verre, de vitesse et de soleil tranchant. On lui a reproché son vacarme, son chauvinisme mécanique, sa durée. Très bien. Mais ce vacarme est aussi l’une des formes les plus pures du blockbuster américain du début des années 2010 : un art de la destruction comme urbanisme parallèle.
2011 est aussi une année où les villes occidentales se vivent de plus en plus comme espaces d’images, de sécurité, de flux et de vulnérabilité, au moment où les blockbusters poussent le spectacle de ruine urbaine à son maximum. Dark of the Moon est l’un des grands textes de cette tendance. Chicago y devient terrain d’expérimentation totale du fantasme de siège. C’est énorme, parfois obscène, et historiquement très parlant. Le film sait exactement comment transformer la skyline en matière patriotique pulvérisable.
Je comprends parfaitement qu’on le déteste. Mais je préfère encore cette intensité monstrueuse à quantité de superproductions plus policées. Bay ne ment jamais sur son désir : il veut l’apocalypse premium, la tôle sublime, la panique millimétrée. Le film n’a pas d’âme ? Il a une propulsion. Et parfois la propulsion, quand elle atteint ce degré d’insistance esthétique, devient une forme d’aveu culturel plus précieuse que toutes les psychologies plaquées du monde.
🎬 Le saviez-vous ?
une poutre tordue de décor aurait été extraite du plateau après avoir “revendiqué la maîtrise d’œuvre complète de la chute symbolique de Chicago”.