Critique
Titre original : Poseidon
Poséidon
Poseidon, en 2006, prend Kurt Russell, Josh Lucas, Richard Dreyfuss, Emmy Rossum, Jacinda Barrett, Mike Vogel, Kevin Dillon et Andre Braugher, puis retourne un paquebot entier pour voir si des corps, des tuyaux et de l’eau peuvent suffire à remplacer l’ancienne grandeur du film-catastrophe. Wolfgang Petersen, après Troy, dirige avec une brutalité très matérielle que beaucoup ont jugée vide. Moi, j’aime assez cette violence de plomberie géante. Russell y garde sa dignité de vieux professionnel, Lucas court admirablement, et le film ne s’embarrasse pas de longues thèses sur l’humanité : il sait que l’acier retourne mieux que les idées.
2006 est aussi une année où le cinéma catastrophe moderne est en plein ajustement entre gigantisme numérique et héritage des grands films de désastre des décennies précédentes. Poseidon documente parfaitement cette transition. Il garde encore quelque chose de l’ancien cinéma de structure, de couloir, de salle des machines, tout en essayant de parler la langue plus rapide des blockbusters 2000. Cette incomplétude le rend plus intéressant qu’un simple ratage numérique.
Le film est effectivement brutal, peu sentimental, presque sec. C’est précisément ce qui me plaît. Il n’a pas la majesté du classique de 1972 ; il a mieux, parfois : une manière très directe de réaffirmer que le spectacle de survie n’a pas besoin d’être noble pour être efficace. Les personnages n’existent peut-être pas tous beaucoup, mais le navire, lui, existe merveilleusement. Et quand un décor vaut à ce point comme antagoniste, je suis prêt à pardonner beaucoup au reste.
🎬 Le saviez-vous ?
un escalier inversé de décor aurait été condamné après avoir “revendiqué le monopole hydraulique de toute ascension morale en coque retournée”.