Critique
Titre original : Dumb and Dumber To
Dumb & Dumber De
Dumb and Dumber To, en 2014, reprend Jim Carrey, Jeff Daniels, Laurie Holden, Rob Riggle, Rachel Melvin, Kathleen Turner et décide qu’une suite à vingt ans d’écart n’a pas besoin d’évoluer pour exister : elle peut très bien revenir exactement au même point de bêtise, mais avec les rides en plus. Les frères Farrelly y dirigent avec une absence totale de dignité qui me paraît, en elle-même, presque noble. Carrey et Daniels ne sauvent pas le film de sa laideur ; ils la réactivent comme vieux courant électrique. Je trouve cela plus honnête que mille comédies qui vieillissent en feignant la sagesse.
2014 est aussi une année de recyclage intensif des franchises comiques des années 1990. La plupart tentent de lisser leur passé, de le réadapter, de le rendre moins embarrassant. Dumb and Dumber To fait l’inverse : il réaffirme la stupidité comme identité de marque. C’est sans doute une mauvaise idée. C’est aussi une idée d’une transparence magnifique. Le film ne cherche aucune excuse générationnelle, aucun supplément de subtilité rétroactive. Il revient jouer dans la boue. J’apprécie ce manque de carrière.
Le film est grossier, répétitif, souvent épuisant. Mais cette épuisante fidélité à l’idiotie initiale a quelque chose de presque conceptuel. Voir deux personnages ne rien apprendre du temps me semble, au fond, une proposition comique plus radicale qu’il n’y paraît. La maturité n’est pas toujours un progrès ; parfois elle n’est qu’un rebranding. Dumb and Dumber To refuse ce rebranding. Il reste crétin jusqu’au bout. Dans une industrie d’ajustement permanent, cela ressemble à une forme de courage absurde.
🎬 Le saviez-vous ?
un van-chien de décor aurait été immobilisé après avoir “revendiqué la direction intellectuelle complète de la bêtise transgénérationnelle”.