Critique

Les Immortels

Titre original : Immortals

IMDb 6.1 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 46%
Critique
Affiche de Les Immortels

Les Immortels

Les Immortels, en 2011, prend Henry Cavill, Mickey Rourke, Freida Pinto, Stephen Dorff, Luke Evans, John Hurt et Kellan Lutz, puis laisse Tarsem Singh transformer la mythologie grecque en galerie d’images carnées et d’armures absentes de toute pudeur. On a beaucoup puni le film pour son maniérisme et sa vacuité. Je l’aime précisément pour cette vacuité décorative assumée. Cavill y est une belle masse de destination héroïque, Rourke un porc de guerre presque abstrait, et Tarsem, après The Fall, poursuit une idée très simple : la mythologie n’a pas besoin d’être crédible, elle doit d’abord être regardable comme un cauchemar muséal.

2011 est aussi une année où le péplum-fantasy post-300 continue d’exploiter la numérisation des corps et des champs de bataille, dans un climat où le blockbuster cherche de nouvelles antiquités à transformer en jeu de textures. Immortals s’inscrit là-dedans avec une franchise très honorable. Il n’essaie jamais de faire semblant d’être philologique. Il veut du muscle, de la lumière, du sang et des dieux qui surgissent comme des logos vivants. Très bien. L’Antiquité n’a jamais été plus honnêtement traitée comme surface.

Le film est souvent absurde. C’est parfait. Son absurdité lui permet d’échapper à la tiédeur des pseudo-relectures intelligentes. Ici, même la violence a quelque chose de calligraphique, et l’on sent qu’un cinéaste d’images a enfin trouvé une excuse pour peindre avec des casques et des gorges ouvertes. Je préfère mille fois cette ivresse de vitrail barbare à la prudence des péplums qui n’osent ni croire à leurs dieux ni assumer leur kitsch.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un casque d’Hypérion de rechange aurait été mis sous clé après avoir “revendiqué l’intégralité de la souveraineté plastique sur l’Olympe numérique”.