Critique

Dos au mur

Titre original : Man on a Ledge

IMDb 6.6 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 32%
Critique
Affiche de Dos au mur

Dos au mur

Dos au mur, en 2012, prend Sam Worthington en faux suicidaire perché, Elizabeth Banks négociatrice, Jamie Bell, Anthony Mackie, Ed Harris, Genesis Rodriguez et Kyra Sedgwick, puis transforme un immeuble de Manhattan en théâtre simultané de braquage, de diversion et de crise médiatique. Asger Leth dirige avec une clarté presque ancienne, ce qui a valu au film d’être vite considéré comme un simple thriller “fonctionnel”. Or cette fonctionnalité est une vraie qualité. Worthington y sert enfin à quelque chose : être un bloc de présence exposé. Banks apporte la nervosité crédible, et le film fait exactement ce qu’un bon thriller de réseau doit faire : tenir plusieurs fils sans honte.

2012 est aussi une année où Occupy Wall Street est encore très frais dans les imaginaires et où la défiance envers les grandes fortunes, les manipulations financières et la spectacularisation publique de la détresse reste très vive. Dos au mur flotte étonnamment bien dans ce climat. Derrière son pitch de série B, il met en scène un homme qui utilise l’espace médiatique lui-même comme arme contre une structure de pouvoir et de réputation. C’est plus que du simple vertige. C’est du spectacle retourné.

Le film est évidemment invraisemblable. Très bien. L’invraisemblable ici garde un certain sens civique : il montre que, pour exister face aux appareils financiers et médiatiques, il faut littéralement monter sur une corniche. J’aime cette bêtise claire. Elle vaut mieux que beaucoup de thrillers qui prétendent être réalistes tout en vidant totalement le conflit de sa dimension publique. Ici, au moins, la ville regarde, et cette foule compte.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un rebord de façade de décor aurait été sécurisé après avoir “revendiqué la primauté absolue sur toute stratégie de vérité en hauteur”.