Critique
Titre original : The Hangover Part II
Very Bad Trip 2
Very Bad Trip 2, en 2011, reprend Bradley Cooper, Ed Helms, Zach Galifianakis, Justin Bartha, Ken Jeong et les expédie à Bangkok comme si le premier film avait décidé de se photocopier sous climat plus moite. Le reproche classique consiste à dire que c’est la même chose en pire. Je trouve plus intéressant de le regarder comme une suite qui assume brutalement la logique de répétition industrielle. Todd Phillips ne cache rien : la gueule de bois est devenue franchise, le désastre viril un format exportable. Cette absence d’illusion me plaît assez.
2011 est aussi l’année où la comédie américaine mainstream pousse à fond l’exploitation des masculinités paniquées, des excès touristiques et des récits de décompression sous influence globale. Very Bad Trip 2 capture cela à merveille. Bangkok n’y est pas un lieu, mais une intensification du fantasme occidental de perte de contrôle. C’est grossier, oui, mais très transparent sur son imaginaire. Pour cette raison, le film vaut aussi comme archive embarrassante et utile de son époque.
On peut se lasser des gags, des outrances, du copier-coller. Mais ce copier-coller lui-même fait sens : il révèle une industrie comique déjà incapable de faire autre chose que reproduire sa formule gagnante en changeant le décor. C’est presque méta malgré lui. Je préfère un film qui expose aussi frontalement la fatigue de son modèle à un autre qui la maquille en fausse nouveauté. La gueule de bois est commerciale ? Exactement. Voilà enfin un aveu honnête.
🎬 Le saviez-vous ?
un singe de décor aurait été reconduit en quarantaine après avoir “revendiqué la direction morale complète de la diplomatie touristique occidentale”.