Critique

Brick Mansions

IMDb 5.7 / 10
Allociné 3.0 / 5
Rotten T. 26%
Critique
Affiche de Brick Mansions

Brick Mansions

Brick Mansions, en 2014, prend Paul Walker, David Belle, RZA, Catalina Denis, Gouchy Boy et relance Banlieue 13 à Détroit comme si le parkour devait servir de politique urbaine provisoire. Le film a été traité comme simple remake inutile. C’est oublier qu’il vaut déjà comme document curieux sur la circulation transatlantique des formes d’action. Walker y apporte une présence plus douce que le film ne mérite presque pas ; David Belle, évidemment, reste le vrai argument : un corps qui pense l’architecture par la fuite. À lui seul, il justifie qu’on regarde.

2014 est aussi l’année où la question de Détroit, de ses ruines, de ses récits de ville détruite et de ses fantasmes de zone abandonnée est extrêmement visible dans l’imaginaire américain. Brick Mansions s’engouffre là-dedans sans subtilité, certes, mais avec une franchise qui le rend révélateur. La ruine urbaine y devient terrain de jeu acrobatique et d’exploitation policière. C’est très discutable, donc très parlant. Le cinéma populaire fait parfois ses meilleurs aveux quand il simplifie trop vite.

Le film est bête, oui, mais il a des jambes. Et ses jambes pensent plus clairement que son scénario. Le parkour y redevient ce qu’il devrait toujours être au cinéma : une manière de réécrire la ville contre ceux qui prétendent la posséder. J’aime ce côté élémentaire, physique, anti-digital. Dans un paysage d’action saturé de CGI et de héros volants, voir un mur, une grille, un toit redevenir des enjeux réels reste une joie très simple.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une rambarde de décor aurait été dessoudée après avoir “revendiqué la pleine souveraineté verticale sur les politiques de rénovation urbaine”.