Sucker Punch
Sucker Punch, en 2011, prend Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone, Vanessa Hudgens, Jamie Chung, Carla Gugino, Oscar Isaac et Jon Hamm, puis permet à Zack Snyder de projeter tout un internat d’aliénation dans une succession de fantasmes armés, cabarets et champs de bataille steampunk. Beaucoup ont pris ce film pour un objet confus, sexiste, vide ou tout à la fois. Je le trouve au moins passionnant dans son incapacité à se stabiliser. Browning y flotte comme une figure de pure surface traumatique ; Oscar Isaac comprend très bien que le film gagne à l’abjection glamour ; Snyder, après Watchmen, pousse à fond sa logique de clip mental blindé.
2011 est aussi une année où l’imaginaire geek mainstream, les jeux vidéo, les mondes fantasy imbriqués et la consommation d’images féminines hyper-stylisées se rencontrent à pleine vitesse. Sucker Punch est un pur carambolage de cet instant culturel. Il ne le résout pas ; il l’expose. On peut y voir un cauchemar de male gaze ou une tentative de le faire imploser depuis l’intérieur. Dans les deux cas, le film reste plus intéressant que sa réputation de simple dérapage visuel.
Ce qui me plaît, c’est justement cette gêne. Sucker Punch est un film qui ne cesse de se mettre lui-même en danger de mauvais goût, d’incohérence et de malaise. Très bien. À une époque où tant de blockbusters savent exactement comment neutraliser leur part problématique, cette folie incontrôlée vaut presque manifeste. Même ses ratages parlent. Ils parlent fort, en musique, avec samouraïs géants et bombardiers dragons.
🎬 Le saviez-vous ?
une mitraillette de cabaret de décor aurait été saisie après avoir “revendiqué l’exclusive herméneutique sur le subconscient armé des adolescentes captives”.