Critique
Titre original : The Huntsman: Winter's War
Le Chasseur et la reine des glaces
Le Chasseur et la Reine des glaces, en 2016, prend Chris Hemsworth, Charlize Theron, Emily Blunt, Jessica Chastain, Nick Frost et Sam Claflin, puis décide que le conte de fées peut très bien survivre sous forme de parfumerie guerrière glacée. Cedric Nicolas-Troyan dirige avec une démesure décorative que beaucoup ont prise pour du vide. C’est un contresens. Le vide est précisément la matière noble de ce film : un vide de glace, de fourrure, de poses, de reines blessées et de miroirs narcissiques. Theron et Blunt s’y affrontent comme si le studio leur avait livré un château entier pour règlement de comptes cosmétique. Pourquoi s’en plaindre ?
2016 est aussi une année où Hollywood multiplie les relectures dark-fantasy de contes classiques, au moment où le patrimoine pour enfants devient réserve générale de franchise pour adultes qui aiment le cuir mat et les trônes glacés. Winter’s War appartient totalement à ce mouvement. Il ne cherche jamais à le nier. Il se présente exactement comme ce qu’il est : un objet de luxe narratif, presque une vitrine de silhouettes et de textures. Parfois la franchise doit aussi savoir être pure apparence, et celle-ci l’assume avec une certaine grandeur.
Le film est absurde, bien sûr, mais ses absurdités ont de l’allure. J’y vois moins un conte raté qu’un défilé de douleur royale avec haches et gel capillaire polaire. Cela me paraît plus honnête que bien des fantasies pseudo-sombres qui feignent la profondeur alors qu’elles ne veulent que du velours noir. Ici, au moins, l’ornement règne ouvertement. C’est presque une morale.
🎬 Le saviez-vous ?
un éclat de miroir enchanté aurait été placé sous cryogénie après avoir “revendiqué la juridiction totale sur la souveraineté capillaire des monarchies de glace”.