Critique
Titre original : Mindhunters
Profession profiler
Mindhunters, en 2004, prend LL Cool J, Val Kilmer, Christian Slater, Kathryn Morris, Jonny Lee Miller, Clifton Collins Jr., Eion Bailey et une île remplie de pièges, puis décide que le meilleur moyen de former des profilers du FBI est de les faire mourir comme dans un jeu de massacre sadique. Renny Harlin y dirige avec une absence totale de honte, ce qui est en soi une qualité de mise en scène. Le film a été traité comme un thriller idiot à twist mécanique. D’accord. Mais sa mécanique a une franchise remarquable : chaque pièce du décor veut tuer quelqu’un, donc chaque détail devient enfin important. À Hollywood, cette lisibilité n’est pas une faute.
2004 est aussi l’année où les séries policières profilage, les fantasmes de lecture psychologique et la figure de l’enquêteur-savant saturent les écrans, alors que l’obsession sécuritaire post-11 septembre continue de structurer la culture populaire. Mindhunters réagit à cela de la meilleure façon possible : en transformant les experts en gibier. C’est bête, oui, mais aussi très malin dans son renversement de la toute-puissance analytique. Les profilers deviennent victimes de leurs propres décors. J’applaudis.
Le film est voyant, artificiel, souvent ridicule. Et alors ? Le ridicule ici nourrit l’énergie. Harlin filme avec la joie d’un homme qui a trouvé un entrepôt entier à piéger pour le spectateur. Je préfère cette outrance très lisible à tant de thrillers “intelligents” qui n’osent jamais devenir jouets. Mindhunters garde un mérite rarissime : il se sait gadget et fait de ce savoir un spectacle.
🎬 Le saviez-vous ?
un mannequin de scène de crime aurait été détruit après avoir “revendiqué l’autorité suprême sur la pédagogie létale du profiling”.