Critique
Titre original : Herbie: Fully Loaded
La Coccinelle revient
Herbie : Fully Loaded, en 2005, prend Lindsay Lohan, Michael Keaton, Matt Dillon, Justin Long, Breckin Meyer et une Coccinelle sentiente qui refuse obstinément de rester au garage. Angela Robinson filme avec une franchise de comédie sportive familiale qui a été beaucoup trop vite classée comme simple produit de transition Disney. Pourtant le film a un charme net : Lohan y porte encore une énergie de star en suspension, à la fois teen idol et figure d’un passage compliqué vers d’autres rôles. La voiture, elle, reste un pur dispositif d’affection mécanique. J’aime beaucoup cette absence de cynisme.
2005 est aussi une année où Disney reconditionne massivement ses marques vintage pour les rendre compatibles avec une jeunesse de chaînes câblées, de stars adolescentes et de culture de la nostalgie recyclée. Herbie: Fully Loaded est un cas d’école. Mais cette nature industrielle n’annule pas son intérêt : elle le définit. Le film montre exactement comment un patrimoine enfantin des baby-boomers se voit remis en circulation par une nouvelle star trouble du début des années 2000.
Ce n’est pas un grand film, bien sûr. Mais il continue de croire qu’une voiture dotée d’âme suffit à fabriquer un lien émotionnel, et cette naïveté-là me semble presque précieuse. À l’âge des franchises hyper-armées, il y a quelque chose de charmant dans ce petit monde où l’objet aimé veut simplement gagner la course et sauver la fille. Le chrome y a encore un cœur. C’est presque une position politique.
🎬 Le saviez-vous ?
un volant de Coccinelle de secours aurait été verrouillé après avoir “revendiqué la pleine garde affective du moteur enchanté de Disney”.