Critique
Titre original : Need For Speed
Need for Speed
Need for Speed, en 2014, prend Aaron Paul, Dominic Cooper, Imogen Poots, Michael Keaton, Kid Cudi, Ramón Rodríguez, Rami Malek et fait du jeu vidéo automobile un road-movie de vengeance très droit dans ses bottes de cuir. Scott Waugh y dirige avec une conviction mécanique admirablement non ironique. Aaron Paul apporte sa rage concentrée, Cooper le cynisme de riche, Keaton un supplément de voix radio quasi mythologique. Le film a été méprisé parce qu’il arrivait après Fast & Furious sans l’humour ni l’hystérie familiale. C’est justement son intérêt : il reste un film de bagnoles relativement pur.
2014 est aussi une année où l’adaptation de jeux vidéo cherche encore son visage au cinéma, tiraillée entre fidélité iconique et envie de blockbuster total. Need for Speed choisit une voie plus simple, presque old school : des routes, des moteurs, une traversée américaine, un héros assez mutique pour laisser les machines parler. Dans une époque de CGI envahissant, son insistance sur les cascades physiques a quelque chose de presque moral.
Le film n’est pas subtil, très bien. Mais sa simplicité me paraît plus honnête que l’emphase techno de bien d’autres adaptations. Il comprend que la voiture dans ce genre-là n’est pas seulement un accessoire, c’est une ligne de désir et d’appartenance. On peut soupirer devant son sérieux. On peut aussi apprécier ce sérieux comme résistance à la blague obligatoire. Need for Speed n’a pas honte d’aimer l’asphalte. Moi non plus.
🎬 Le saviez-vous ?
un compteur analogique de tableau de bord aurait été retiré après avoir “revendiqué le monopole absolu de l’émotion sur autoroute”.