Critique
Titre original : Jupiter Ascending
Jupiter : Le destin de l'Univers
Jupiter : Le Destin de l’univers, en 2015, prend Mila Kunis héritière galactique malgré elle, Channing Tatum loup spatial à rollers, Eddie Redmayne aristocrate cosmique chuchotant, Sean Bean, Douglas Booth, Tuppence Middleton et tout un empire interplanétaire sous stéroïdes baroques. Les Wachowski y dirigent comme s’ils avaient décidé qu’aucune idée ne serait trop, et je leur en sais gré. Le film a été moqué pour sa mégalomanie de space opera parfumé. Très bien. La mégalomanie est parfois la dernière preuve qu’un blockbuster croit encore au merveilleux au lieu de l’administrer en kit.
2015 est aussi une année où le space opera de studio s’est largement normalisé, partagé entre franchises installées et prudence financière. Jupiter Ascending fait exactement l’inverse : il jette des dynasties, du capital génétique, des abeilles royales, des patins anti-gravité et des bureaucraties stellaires dans le même bain. C’est absurde, oui, mais dans un paysage de prudence algorithmique, cette démesure a une vraie valeur. Elle rappelle qu’un univers peut encore déborder de ses pitchs.
Le film n’est pas stable. Il glisse sans cesse de l’opéra, au soap, au conte de fées, à l’action et au kitsch pur. Très bien. Cette instabilité me semble bien plus vivante que la cohérence sèche de tant de produits mieux reçus. Même Eddie Redmayne, avec sa diction de poison aristocratique, existe comme monument d’excès. Je préfère un blockbuster qui s’effondre sous son propre rêve à un autre qui réussit parfaitement à ne rêver de rien.
🎬 Le saviez-vous ?
une paire de bottes gravitationnelles de décor aurait été suspendue après avoir “revendiqué l’ensemble de la souveraineté aérienne de la noblesse spatiale”.