Critique

Terminator Genisys

IMDb 6.6 / 10
Allociné 2.4 / 5
Rotten T. 27%
Critique
Affiche de Terminator Genisys

Terminator Genisys

Terminator Genisys, en 2015, prend Arnold Schwarzenegger en T-800 paternaliste, Emilia Clarke, Jai Courtney, Jason Clarke, J.K. Simmons, Matt Smith et décide que la meilleure manière de prolonger Terminator consiste à transformer la timeline en plat de spaghettis armé. Le film a été traité comme une hérésie de franchise. C’est aller vite. Il a surtout la vertu de rendre visible, presque obscènement, la logique de l’époque : aucun mythe ne doit seulement continuer, il doit se reconfigurer, se citer, se corriger et se rebooter en direct. Schwarzenegger y apporte une gravité comique très utile ; Emilia Clarke résiste courageusement à la machine ; le film, lui, continue de tirer.

2015 est aussi l’année où le reboot nostalgique devient l’un des grands langages industriels d’Hollywood. Genisys est moins une faute qu’un document parfait sur ce moment. Il ne cache pas la chirurgie temporelle qu’il inflige à son propre patrimoine. Il vous montre au contraire les coutures, les greffes, les remix. À mes yeux, cette honnêteté industrielle le rend plus intéressant que quantité de suites qui feignent la continuité naturelle.

Le film est chaotique, d’accord. Mais ce chaos appartient à son sujet : l’Histoire est devenue un service après-vente. On peut s’en moquer. On peut aussi reconnaître qu’il y a quelque chose de presque pathétique et touchant à voir une saga fondée sur l’inéluctable se débattre dans la flexibilité infinie du franchise management. Le Terminator vieillit ; le studio veut qu’il reste neuf. Ce conflit-là vaut bien quelques paradoxes.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un bras d’endosquelette de doublure aurait été mis en quarantaine après avoir “tenté de renégocier l’ensemble des lignes temporelles avec le service juridique”.