2 Fast 2 Furious
2 Fast 2 Furious, en 2003, prend Paul Walker, Tyrese Gibson, Eva Mendes, Cole Hauser, Ludacris, Devon Aoki et transforme Miami en aquarium de néons, de nitro et de chemises trop ouvertes. Le film a longtemps servi de preuve que la franchise Fast avait eu un trou d’air avant de se redresser. Je le trouve au contraire très utile : il montre le moment exact où la saga comprend qu’elle n’a pas besoin de réalisme, seulement d’un niveau suffisant de coolitude mécanique et de bromance humide. Walker y est plus à l’aise sans Vin Diesel ; Tyrese apporte le degré parfait d’insolence. John Singleton, après Boyz n the Hood, filme tout cela avec une joie franchement déplacée, et donc très saine.
2003 est aussi l’année où la culture tuning, le rap mainstream, les DVD custom et les clips automobile occupent un espace central dans l’imaginaire populaire américain. 2 Fast 2 Furious est un pur document de cette ère. Il ne ressemble pas encore à un blockbuster globalisé d’espionnage familial ; il ressemble à un parc d’attractions local pour vitres teintées et égos chromés. C’est précisément ce qui le rend précieux.
On lui reproche sa vacuité. Très bien. Mais la vacuité ici est un espace de style. Le film ne prétend jamais être plus profond qu’un départ arrêté très bien éclairé. Il comprend que l’automobile est aussi une texture sociale, une musique, un dress code. Dans le grand récit Fast, ce deuxième épisode vaut comme archive flamboyante de l’instant où tout aurait encore pu rester un film de rue sous stéroïdes colorés. Rien que pour cela, il mérite mieux que le mépris paresseux.
🎬 Le saviez-vous ?
un bidon de nitro de décor aurait été saisi après avoir “tenté d’imposer une politique monétaire autonome au district de Miami”.