Critique
Titre original : The Possession
Possédée
Possédée, en 2012, prend Jeffrey Dean Morgan père séparé, Kyra Sedgwick exaspérée, Natasha Calis enfant parasitée, Matisyahu rabbin-exorciste et une boîte ancienne supposément saturée de mal. Ole Bornedal dirige avec une lourdeur très respectable un film qui a trop vite été réduit à son dibbouk gimmick. Pourtant la relocalisation juive du récit de possession n’a rien d’anodin. Morgan y apporte une fatigue affective bien utile ; Calis tient le centre du trouble avec un vrai engagement physique. Le film ose encore croire qu’un meuble maudit peut détraquer une famille recomposée. J’y vois une saine obstination.
2012 est aussi une année où les récits d’objets hantés, d’enchères, de brocante et de reliques toxiques circulent fortement dans la culture horrifique mainstream. Possédée appartient à cette vague, mais avec un angle plus spécifique : l’objet y transporte non seulement le mal, mais un héritage, une tradition, une langue religieuse. C’est plus riche que la simple boîte démoniaque standard. Le film ne l’explore pas toujours subtilement, mais il l’exploite assez pour exister singulièrement.
Le résultat est efficace, mal élevé, volontiers très studio. Très bien. Il a au moins l’honnêteté de ne pas faire semblant d’être un grand drame de trauma prestigieux. Il veut des griffures, du rituel, une gamine inquiétante et une boîte qu’il ne fallait pas ouvrir. À l’échelle de l’horreur de grande diffusion, cette lisibilité a de vraies vertus. Tout n’a pas besoin d’être élevé pour fonctionner.
🎬 Le saviez-vous ?
une boîte dibbouk de rechange aurait été isolée dans un caisson plombé après avoir “revendiqué l’entière propriété démonologique du service accessoires”.