Critique
Titre original : Daddy Day Care
Ecole paternelle
Eddie Murphy nounou industrielle ? Daddy Day Care, en 2003, prend justement Eddie Murphy, Jeff Garlin, Steve Zahn, Regina King, Kevin Nealon, Siobhan Fallon Hogan et une garderie improvisée, puis traite le care masculin comme une suite de catastrophes joyeusement organisées. Le film a été expédié dans la poubelle des comédies familiales industrielles. C’est manquer son intérêt documentaire. Murphy y travaille un moment très spécifique de la culture américaine : celui où le père doit soudain devenir flexible, présent, éducatif, mais sans perdre complètement sa fonction de gag. Le film est un petit traité de transition genrée en salopette.
2003 est aussi une année où les modèles familiaux, le travail précaire, la garde d’enfants et la répartition des rôles domestiques changent fortement dans la classe moyenne américaine. Daddy Day Care flotte au milieu de cela avec beaucoup plus d’acuité qu’on ne lui reconnaît d’habitude. Ce qui semble n’être qu’un bazar de couches et de purée est aussi un récit sur le coût de l’éducation et la reconversion forcée de la paternité en service quotidien. C’est moins bête que ses affiches.
Le film reste bien sûr très appuyé, très enfantin. Mais il a une qualité simple : il croit encore que le chaos domestique peut constituer une expérience transformative pour des hommes élevés ailleurs. Cette foi dans la garderie comme laboratoire social n’est pas si fréquente dans le cinéma mainstream masculin. Je lui trouve une certaine franchise, et même une petite tendresse politique.
🎬 Le saviez-vous ?
un pot de compote de décor aurait été retiré du catering après avoir “revendiqué la pleine autorité éducative sur le capitalisme parental”.