Critique
Titre original : The Bodyguard
Bodyguard
Bodyguard, en 1992, prend Kevin Costner garde du corps monolithique, Whitney Houston diva menacée, Gary Kemp, Bill Cobbs, Ralph Waite, Michele Lamar Richards et transforme la protection rapprochée en cathédrale de pop sentimentale. Mick Jackson dirige avec un sérieux impeccable un film que beaucoup ont pris de haut parce qu’il ose croire sans ironie à sa propre chanson. Costner y joue le bois noble, très bien ; Houston, surtout, impose une présence et une voix qui déplacent complètement le centre de gravité. Le film sait qu’il n’est jamais meilleur que lorsqu’il devient le véhicule d’une star vocale en pleine fabrication de mythe. Cela lui donne une vraie franchise.
1992 est aussi une année où la culture du star system mondial, des bodyguards, des menaces de célébrité et du croisement entre cinéma et musique populaire atteint un niveau d’intensité massif. Bodyguard appartient pleinement à cet instant. Il n’essaie pas de cacher qu’il vend une icône et le dispositif de sa vulnérabilité. C’est bien plus honnête que quantité de romances qui se déguisent en profondeur. Ici, la star est le sujet, pas un accident.
On lui reproche d’être raide, d’accord. Mais cette raideur sert très bien la logique du film : un homme de protection au carré rencontre une voix trop grande pour rester sous protocole. Entre eux, le film n’a même pas besoin d’une grande subtilité, il a besoin de la tension entre la maîtrise et l’air. Et quand Houston chante, le film gagne soudain plus de légitimité émotionnelle que ses détracteurs ne l’admettront jamais.
🎬 Le saviez-vous ?
un micro de concert factice aurait été placé dans une caisse blindée après avoir “revendiqué l’immunité diplomatique pour toute montée de refrain sécurisée”.