Critique
Titre original : Click
Click : Télécommandez votre vie
Click : Télécommandez votre vie, en 2006, prend Adam Sandler architecte débordé, Kate Beckinsale épouse patiente, Christopher Walken ange du gadget, David Hasselhoff patron de surface et Henry Winkler père tendre, puis transforme la télécommande universelle en parabole sur le temps perdu. Beaucoup l’ont classé parmi les Sandler “high concept” à moraline. C’est oublier que le film sait précisément ce qu’il manipule : la peur moderne d’accélérer sa vie jusqu’à ne plus l’habiter. Sandler y est meilleur qu’on le dit, surtout quand le dispositif cesse de plaisanter ; Walken, lui, flotte exactement entre la farce et le jugement.
2006 est aussi l’année où les discours sur l’optimisation du temps, la productivité, le multitâche et la compression de l’existence prennent un tour de plus en plus quotidien avec les technologies de gestion, les premiers smartphones réellement désirables et la vie numérique accélérée. Click tombe en plein dedans. Il simplifie, certes, mais il simplifie bien : la télécommande n’est qu’une version comique de notre désir d’esquiver les moments improductifs de la vie. Et ce désir-là, lui, est très réel.
Le film est inégal, parfois vulgaire, souvent trop appuyé. Mais il a une vraie violence d’idée. En courant après les raccourcis, le héros perd littéralement la texture du vécu. Peu de comédies mainstream osent faire sentir aussi clairement que l’optimisation est une tragédie sentimentale déguisée en gain de temps. C’est plus fort qu’on ne le reconnaît souvent.
🎬 Le saviez-vous ?
une télécommande de secours aurait été neutralisée après avoir “tenté de mettre l’ensemble du plateau en avance rapide vers le wrap”.