Critique
Titre original : 40 Days and 40 Nights
40 jours et 40 nuits
40 jours et 40 nuits, en 2002, prend Josh Hartnett très beau et très mal conseillé, Shannyn Sossamon, Paulo Costanzo, Maggie Gyllenhaal et Vinessa Shaw, puis décide qu’un homme peut faire du Carême sexuel un sport extrême au milieu d’une culture pop déjà saturée de désir. Michael Lehmann y filme avec une allégresse de comédie post-ado qui a été très vite jugée coupable, souvent à raison, mais pas toujours avec finesse. Hartnett y a exactement la mollesse charmante qu’il faut ; Sossamon apporte une étrangeté douce ; le film saisit surtout quelque chose de très précis sur le tournant des années 2000 : la panique masculine devant la saturation érotique.
2002 est aussi l’année où l’internet grand public et les formes de consommation sexuelle de masse deviennent encore plus banales, reconfigurant très concrètement le rapport au fantasme, à l’abstinence et à la honte. 40 jours et 40 nuits, sous sa bêtise apparente, est un petit document sur cette transition. Le corps masculin y est déjà assiégé par le regard, les écrans, les notifications du désir. Ce n’est pas rien, même si le film ne le formule jamais aussi proprement.
On l’a beaucoup puni pour ses gags, son immaturité et sa vision datée des rapports hommes-femmes. Tout cela existe. Mais il reste une comédie étonnamment claire sur la manière dont la sexualité devient un défi logistique et identitaire plutôt qu’une simple pulsion. Sa bêtise même l’aide à voir juste. Il ne théorise pas la pression ; il la fait transpirer dans un pull trop serré. Ce n’est pas glorieux. C’est parfois assez parlant.
🎬 Le saviez-vous ?
un cadenas de ceinture de chasteté promotionnel aurait été confisqué après avoir “tenté d’établir un droit canonique autonome sur les pulsions du casting masculin”.