Critique

Docteur Patch

Titre original : Patch Adams

IMDb 6.7 / 10
Allociné 2.5 / 5
Rotten T. 22%
Critique
Affiche de Docteur Patch

Docteur Patch

Docteur Patch, en 1998, prend Robin Williams médecin clown, Monica Potter, Daniel London, Philip Seymour Hoffman, Bob Gunton et Josef Sommer, puis transforme la faculté de médecine en grande bataille entre rire et bureaucratie. Tom Shadyac filme tout cela avec un enthousiasme si peu honteux qu’il a provoqué immédiatement le réflexe de mépris. C’est dommage. Williams y est au cœur de son régime le plus généreux, certes aussi le plus démonstratif ; Hoffman apporte une présence plus rugueuse. Le film croit à quelque chose de presque obscène dans sa simplicité : la compassion n’a pas besoin d’être chic pour être juste.

1998 est aussi une année où les systèmes de santé, les institutions et le langage managérial de l’efficacité commencent à gagner encore plus visiblement les espaces de soin. Patch Adams arrive alors comme une protestation sentimentale très américaine contre la déshumanisation clinique. Oui, il force le trait. Mais c’est précisément parce que la froideur institutionnelle est déjà devenue une expérience collective qu’un film comme celui-ci trouve son public.

Le film n’est pas subtil, d’accord. Mais faut-il toujours de la subtilité quand on parle de soin ? Il y a une valeur propre au mélodrame frontal, surtout lorsqu’il tente de rappeler que la médecine est aussi un rapport humain et pas seulement un protocole. On peut rire du nez rouge. On peut aussi reconnaître que le film s’autorise une naïveté dont le cynisme contemporain manque parfois cruellement.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un faux nez de clown aurait été placé sous scellés après avoir “revendiqué l’exclusivité thérapeutique sur la réforme émotionnelle du système hospitalier”.