John Q
John Q, en 2002, prend Denzel Washington père au bord de l’explosion, Robert Duvall policier, James Woods médecin cynique, Kimberly Elise, Ray Liotta, Anne Heche et Daniel E. Smith enfant malade, puis transforme le système de santé américain en prise d’otages morale. Nick Cassavetes filme avec une lourdeur qui a fait rire les amateurs de subtilité, mais cette lourdeur est précisément son intérêt. Washington y porte tout avec une sincérité énorme, presque embarrassante pour le spectateur ironique. Le film ne vous laisse aucune échappatoire élégante. Il veut votre gorge.
2002 est aussi l’année où les débats sur l’assurance santé, le coût des soins et la vulnérabilité des familles américaines restent brûlants, dans un pays qui n’a pas encore l’Obamacare et vit très concrètement la médecine comme loterie sociale. John Q branche son mélodrame directement sur ce nerf. Oui, il simplifie. Oui, il manipule. Mais il manipule un problème réel, massif, structurel. Et parfois le cinéma populaire a raison d’être un peu brutal quand le système l’est davantage encore.
On le traite souvent comme un grand panneau “MESSAGE”. Soit. Le message est bon, et surtout il passe par la force primitive du cinéma de star morale en guerre contre l’institution. Denzel Washington transformé en otageur parce qu’on refuse un cœur à son fils, cela reste une image d’une puissance obscène, et utile. Je préfère cela à bien des drames médicaux plus distingués qui administrent l’injustice avec modération décorative.
🎬 Le saviez-vous ?
un faux formulaire d’assurance aurait été déchiré après avoir “revendiqué l’intégralité de la responsabilité narrative dans la panne du pacte social”.