Critique

Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires

Titre original : Abraham Lincoln: Vampire Hunter

IMDb 5.9 / 10
Allociné 2.3 / 5
Rotten T. 34%
Critique
Affiche de Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires

Abraham Lincoln : Chasseur de Vampires

Abraham Lincoln : Chasseur de vampires, en 2012, prend Benjamin Walker, Dominic Cooper, Anthony Mackie, Mary Elizabeth Winstead, Rufus Sewell et Jimmi Simpson, puis décide que l’émancipation des esclaves peut parfaitement cohabiter avec une hache et des aristocrates suceurs de sang. On peut trouver cela vulgaire. On aurait tort d’ignorer combien c’est aussi un objet révélateur. Timur Bekmambetov dirige avec un goût intact pour le délire historique et l’hyperbole visuelle. Walker n’a pas le charisme naturel d’une grande star ? Tant mieux : cela le rend presque plus drôle comme Lincoln-saint converti en machine à décapiter.

2012 est aussi une année où les États-Unis rebrassent très fortement leurs mythes nationaux, leur mémoire de la guerre civile et leurs figures fondatrices dans un climat politique polarisé. Le film surgit là, littéralement, avec son hache-thérapie. Il ne prétend pas être sérieux ; il indique au contraire avec une transparence magnifique que le patrimoine américain est désormais entièrement disponible pour le remix spectaculaire. C’est un symptôme culturel formidable.

On lui reproche de transformer l’Histoire en attraction. Exactement. Et parfois l’attraction dit plus franchement l’état d’une culture que le drame de prestige. Ici, Lincoln devient super-héros gothique, et l’on peut enfin regarder en face l’extraordinaire besoin américain de mythologiser ses présidents jusque dans la bêtise glorieuse. Je trouve cela bien plus honnête que quantité de biopics qui cachent leur fable sous des perruques sérieuses.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une hache de doublure aurait été mise au coffre après avoir “revendiqué la codirection intégrale du récit abolitionniste alternatif”.