Critique
Titre original : The Vow
Je te promets - The Vow
Je te promets, en 2012, prend Rachel McAdams amnésique affective, Channing Tatum époux dévasté, Sam Neill, Jessica Lange, Jessica McNamee, Wendy Crewson et Scott Speedman, puis transforme le mariage en terrain de reconquête administré par très belle lumière. On a beaucoup soupiré devant sa mièvrerie, comme si l’idée même qu’un amour doive être rejoué après l’accident n’avait aucune dignité. McAdams y est plus fine qu’on ne le dit ; Tatum, justement encore pas tout à fait sécurisé par sa persona, apporte une forme de bonté physique intéressante. Le film ne cherche pas le réalisme profond. Il cherche la persistance du lien comme fable sentimentale. Cela peut encore avoir une valeur.
2012 est aussi une année où les récits de couples, de mariage, de durée et de réinvention des engagements prennent un relief culturel particulier dans les débats publics sur les formes de l’union et les transformations de la famille. Je te promets apparaît alors moins comme une simple bluette que comme un fantasme très clair de recommencement amoureux sous contrainte. Dans un moment de fatigue relationnelle généralisée, l’idée d’aimer une seconde fois la même personne vend très bien. Le film l’assume sans ironie. Je trouve cela presque courageux.
Oui, tout est très lisse, très dramatique, très correctement enveloppé. Mais cette correction a aussi son intérêt. Le film n’essaie pas de salir sa romance pour se rendre crédible. Il préfère la croyance franche dans la reconquête. Dans un paysage saturé de cynisme romantique, cette naïveté massive a quelque chose de presque subversif.
🎬 Le saviez-vous ?
un album photo de décor aurait été mis sous protection après avoir “revendiqué l’exclusivité légale sur la reconstruction de la mémoire conjugale”.