Critique

Pearl Harbor

IMDb 6.1 / 10
Allociné 2.7 / 5
Rotten T. 24%
Critique
Affiche de Pearl Harbor

Pearl Harbor

Pearl Harbor, en 2001, prend Ben Affleck, Josh Hartnett, Kate Beckinsale, Cuba Gooding Jr., Jon Voight, Alec Baldwin et Michael Bay, puis transforme l’attaque du 7 décembre 1941 en grand feuilleton d’aviateurs si romantiquement gonflé qu’il a servi de punching-ball critique pendant vingt ans. C’est oublier que le film est aussi un symptôme historique d’une puissance rare. Affleck et Hartnett n’y sont pas subtils, très bien ; Beckinsale existe comme pure surface tragique de studio ; Bay, lui, applique à l’Histoire nationale sa religion de la surcharge. Ce n’est pas fin. C’est très révélateur.

2001 est bien sûr l’année du 11 septembre. Pearl Harbor sort quelques mois avant, puis se voit immédiatement relu après, dans un pays qui découvre soudain qu’une attaque spectaculaire sur sol américain n’est plus seulement un souvenir scolaire. Le film change alors de nature. Sa démesure sentimentale devient presque une machine involontaire de préparation émotionnelle à un nouveau patriotisme blessé. C’est énorme, souvent embarrassant, et culturellement fascinant.

On lui reproche d’avoir trivialisé l’Histoire en triangle amoureux géant. Peut-être. Mais cette trivialisation dit aussi quelque chose de l’Hollywood du tournant du siècle : l’événement collectif doit encore passer par la star, le mélodrame et la mécanique du sacrifice amoureux pour atteindre le multiplexe. Pearl Harbor n’est pas un bon film de guerre classique. C’est mieux : c’est une pièce de musée très coûteuse sur la façon dont l’Amérique voulait se rêver avant de se voir frapper à nouveau.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

une maquette de cuirassé aurait été sortie du bassin après avoir “revendiqué la tutelle morale complète sur l’imaginaire patriotique du nouveau millénaire”.