Critique

Il n'est jamais trop tard

Titre original : Larry Crowne

IMDb 6.1 / 10
Allociné 2.0 / 5
Rotten T. 37%
Critique
Affiche de Il n'est jamais trop tard

Il n'est jamais trop tard

Il n’est jamais trop tard, en 2011, prend Tom Hanks licencié proprement, Julia Roberts professeure fatiguée, Gugu Mbatha-Raw, Cedric the Entertainer, Bryan Cranston, Pam Grier et Rami Malek, puis demande à Hanks réalisateur de faire de la réinvention tardive une petite utopie de scooter, de cours du soir et de voisinage. On s’est beaucoup moqué du film pour sa gentillesse. C’est oublier qu’en 2011 la gentillesse assumée relevait déjà presque de la provocation. Hanks y joue la décence désarmée avec une sincérité qu’on peut trouver agaçante ; Roberts, elle, apporte la vraie mélancolie, celle d’un monde où même l’enseignement semble usé par le cynisme du marché.

2011 est aussi l’année d’une Amérique post-crise encore hantée par le chômage, les reconversions forcées, la dette éducative et l’idée de recommencer sa vie alors que les structures se sont déjà durcies. Larry Crowne entre de plain-pied dans cet air du temps. Il choisit pourtant la voie la moins prestigieuse : non pas la grande colère, mais le petit redémarrage local. C’est naïf, oui. C’est aussi une contre-proposition idéologique assez claire face à la brutalité du moment.

Le film est doux, parfois jusqu’à l’irritation. Je lui sais gré de cette douceur. Il existe comme fantasme civique de réparation légère, de voisinage encore possible, de seconde chance sans grand discours de domination. Cela ne suffira pas à en faire un grand film. Cela suffit à en faire un objet plus précieux que sa réputation de comédie mineure ne le laisse penser.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un scooter d’appoint aurait été immobilisé après avoir “revendiqué l’ensemble des mobilités sociales optimistes de l’époque post-crise”.