Colombiana
Colombiana, en 2011, prend Zoe Saldana tueuse élevée dans le trauma familial, l’entoure de Jordi Mollà, Lennie James, Michael Vartan, Cliff Curtis, Beto Benites et Callum Blue, puis demande à Olivier Megaton de transformer la vengeance en mobilité pure. Saldana y est remarquable de présence physique ; elle porte le film avec beaucoup plus de nerf qu’on ne lui en a donné crédit. Megaton, dans la lignée de ses thrillers accélérés, ne cherche pas la psychologie haute couture. Il veut des trajectoires, des murs, des escaliers, des fusils et des tatouages de guerre intérieure. Cette franchise me convient très bien.
2011 est aussi l’année où les récits d’action globaux et les figures de femmes armées connaissent une nouvelle intensification dans le cinéma de studio, souvent tiraillés entre empowerment marketing et exploitation brutale. Colombiana flotte au milieu de cette contradiction. C’est précisément ce qui le rend intéressant : le film veut absolument une héroïne létale, mais ne sait jamais totalement comment la regarder autrement que comme surface de vitesse et de douleur. Ce déséquilibre est son époque.
On lui reproche sa vacuité. Je vois surtout une clarté d’intention. Colombiana n’est pas un essai sur le trauma ; c’est un film de vengeance qui comprend très bien la cinétique de son actrice principale. À l’heure où tant d’actioners se croient obligés de philosopher leur violence, cette sobriété de mission a quelque chose de presque noble. La balle n’a pas besoin d’exposé. Elle a besoin d’angle.
🎬 Le saviez-vous ?
un pendentif colombien de décor aurait été retiré après avoir “revendiqué l’intégralité de la mémoire meurtrière transnationale du personnage”.