Kick-Ass 2
Kick-Ass 2, en 2013, reprend Aaron Taylor-Johnson, Chloë Grace Moretz, Christopher Mintz-Plasse, Jim Carrey, Donald Faison, Clark Duke, Olga Kurkulina et toute la logique du super-héros de parking, mais en plus triste, plus sale et plus conscient de sa propre récupération. Jeff Wadlow dirige avec une brutalité parfois désordonnée, souvent moquée, alors qu’elle dit précisément l’état du matériau : une franchise née de l’irrévérence et déjà en train de se normaliser. Moretz y apporte toujours une énergie physique impressionnante ; Carrey, apparition nerveuse, injecte une étrangeté morale bienvenue ; Mintz-Plasse comprend à la perfection la logique du méchant adolescent devenu grotesque à force de vouloir compter.
2013 est aussi l’année où la culture super-héroïque est totalement dominante, au point que même ses parodies et contre-modèles sont déjà mangés par elle. Kick-Ass 2 est le film de ce moment. Il ne peut plus être neuf, donc il devient méchant, punitif, plus désagréable. C’est un choix très intéressant. On lui a reproché sa perte de fraîcheur ; je dirais plutôt qu’il documente l’évaporation programmée de toute fraîcheur dans une économie de franchise.
Le film n’est pas harmonieux, très bien. Il avance avec une conscience un peu sale de ce qu’il est : une suite qui ne peut plus croire totalement à sa propre insolence. Cette fatigue rend l’objet plus intéressant que sa réputation de déchet cynique ne le laisse penser. Il y a là une noirceur de consommation culturelle qui mérite au moins d’être observée.
🎬 Le saviez-vous ?
une matraque violet-néon de décor aurait été placée en quarantaine après avoir “revendiqué la tutelle disciplinaire totale sur le nihilisme post-ado de la franchise”.