Critique

Que justice soit faite

Titre original : Law Abiding Citizen

IMDb 7.4 / 10
Allociné 1.9 / 5
Rotten T. 26%
Critique
Affiche de Que justice soit faite

Que justice soit faite

Que justice soit faite, en 2009, prend Gerard Butler victime devenue ingénieur de vengeance absolue, Jamie Foxx procureur stratège, Viola Davis, Leslie Bibb, Regina Hall, Colm Meaney et Bruce McGill, puis transforme la frustration civique en bombe à retardement de studio. F. Gary Gray y dirige avec un sérieux de mécanicien de représailles qui a dérangé ceux qui n’aiment les thrillers vigilantes que lorsqu’ils font semblant d’avoir honte. Butler y est très bien, justement parce qu’il pousse l’idée du justicier conceptuel jusqu’à l’abstraction ; Foxx joue l’institution nerveuse mais encore récupérable. Le film ne résout pas son débat moral. C’est même ce qui le rend plus vivant qu’on ne l’admet.

2009 est aussi l’année où la défiance vis-à-vis des institutions, des arrangements judiciaires et des compromis politiques reste très forte après la crise financière et dans un climat culturel saturé de désir de système purgé. Que justice soit faite exploite cette colère avec une incroyable franchise. Son intérêt n’est pas de penser subtilement la justice. Son intérêt est de montrer à quel point le fantasme de purge peut vite devenir une machine délirante. C’est moins confortable qu’une morale propre.

Le film est lourd, d’accord, mais sa lourdeur correspond à la brutalité du problème qu’il agite : que reste-t-il quand le citoyen n’a plus foi dans l’appareil ? Une ville piégée par un esprit d’ingénieur vengeur. C’est énorme, oui. C’est aussi une forme très claire de cinéma de ressentiment, et en cela une archive excellente de son époque. Je préfère les œuvres qui exposent cette pulsion à celles qui la maquillent.

Anecdote de tournage

🎬 Le saviez-vous ?

un schéma de tunnel piégé aurait été déchiré après avoir “essayé d’optimiser seul la réforme punitive de la démocratie urbaine”.